Huit dessins à l’encre sur papier, non datés
Format (dimensions du papier) : entre 12,6 x 10,7 cm et 16 x 12 cm 

Au-delà de ce qui n’est parfois qu’un simple exercice pictural, se représenter soi-même c’est chercher des réponses à un questionnement existentiel: qui/que suis-je en réalité? Quelle est ma part d’ombre ou de lumière, ma part de mystère? Qu’est-ce qui fait ma force ou ma vulnérabilité? Et aussi: indépendamment du regard des autres, comment me vois-je dans le contexte social? Que vais-je devenir? L’autoportrait est donc avant tout un moment d’introspection: on se raconte à moi-même, laissant remonter à la surface ce qu'on ressent au plus profond de soi.
Ces autoportraits émergent dans l’obscurité. Pour les réaliser, je m’installe confortablement dans mon lit, à la nuit tombée. Après avoir pris mon carnet de dessin et mon stylo, j’éteins tout. Les yeux ouverts, je regarde droit devant moi, un peu comme si je m’observais dans un miroir, sauf qu’il n’y a pas de miroir et que je ne vois rien. J’entends juste le stylo qui glisse et gratte sur le papier. Je dois me concentrer et faire le dessin d’un seul trait pour ne pas ‘me perdre’ en cours de route. Une fois le dessin terminé, toujours dans l’obscurité, je referme le carnet et le dépose sur ma table de nuit. Ce n’est que le matin que je découvre l’autoportrait de la veille. À chaque fois, lorsque je vois le résultat, je ne peux que constater : il n’y a aucun doute, c’est bien moi – je me reconnais tout de suite!
Haut de la page