Jorge Luis Borges, encre sur papier, 25,8 x 21 cm
Un peu à l'étroit dans son costume et comme tombé d'une autre planète (celle où vivent ses Êtres imaginaires?), la tête encore dans les nuages. Ce portrait est inspiré d'une photographie de J.L. Borges (1899-1986) réalisée par Diane Arbus en 1969. Le regard est celui d'un homme pratiquement aveugle depuis plusieurs années. Alors directeur de la Bibliothèque nationale, à Buenos Aires, il n'est plus en mesure de lire ni d'écrire. Son univers visuel se réduit à un brouillard bleu-verdâtre, parfois illuminé de jaune. Le Rouge et le Noir? Il ne les voit plus. Et le blanc n'est plus qu'une sorte de gris. Il avait toujours imaginé le Paradis comme une grande bibliothèque, mais le voilà entouré de plus de neuf cent mille livres dont il ne peut même plus déchiffrer les couvertures.
William S. Burroughs, encre sur papier, 25,8 x 21 cm
Ce portrait est inspiré de plusieurs photographies de William Burroughs (1914-1977), et notamment celle réalisée par Annie Leibovitz en 1995. Drogues, violence, dépravation: Burroughs descendra plusieurs fois aux enfers pour, étonnamment, toujours rebondir. S'est-il mis à écrire pour régler ses comptes avec d'autres et lui même, pour exorciser ses propres démons? L'écriture trouvera un prolongement dans le dessin et la peinture, formes d'écriture qu'il qualifiera de plus 'automatiques' (la main se donne une certaine liberté par rapport à l'esprit), avec un regard porté sur le passé mais aussi sur l'avenir.
Paul Auster (Park Slope, 2032), encre sur papier, 15 x 12 cm
Je m'imagine arpenter, par un matin froid de novembre 2032,  une rue de Park Slope aux arbres dénudés et d'y croiser cet homme dont le visage me dit vaguement quelque chose... Je le regarde, il me regarde, et nous poursuivons chacun notre chemin.
Paul Auster (1947-2024) aimait écrire au stylo ou au crayon dans des petits carnets quadrillés, plutôt que d'utiliser une machine à écrire ou un ordinateur. "A pen is a much more primitive instrument. You feel that the words are coming out of your body and then you dig the words into the page. (...) It’s a physical experience." (Paul Auster, The Art of Fiction, The Paris Review, 167/2003)
Haut de la page