Montagnes au sens propre ou au figuré; reliefs imaginaires, ou plutôt imaginés. Ce qui m'a toujours fasciné en montagne, c'est d'imaginer, par anticipation, l'horizon qui va s'ouvrir une fois le sommet atteint. Quant au titre Vieilles Alpes, il m'est venu à la lecture de quelques pages de l'Histoire (Res Gestae) d'Ammien Marcellin (Ammianus Marcellinus, ca. 330-395), dans une traduction de M. Nisard publiée en 1849, et des Fragments d'un voyage aux Alpes de Victor Hugo, rédigés en 1825. J'ai repris ci-dessous des extraits de ces textes, légèrement adaptés.
Vieilles Alpes, crayon sur papier, 16 x 11 cm
"C’est là que le roi Cottius tint seul contre l'Empire romain si longtemps, protégé par ces impraticables défilés et par ces rocs inaccessibles. Devenu plus tard l'ami de l'empereur Octavien, par un retour d'affection mémorable et après des efforts inouïs, il ouvrit, au travers des vieilles Alpes, ces routes si commodes qui en abrègent le trajet."
(Ammien Marcellin)

La route d'Hannibal?, crayon sur papier, 10,5 x 15 cm
"Avec des monts gigantesques couronnés de neiges éternelles, cette région tient de la nature un ensemble de défense aussi complet que si l'art s'en fût mêlé... Dans la chaîne des Alpes cottiennes se trouve une crête presque impossible à franchir. La montée, pour le voyageur qui vient de la Gaule, s'en opère facilement sur un plan peu incliné; mais pour descendre par le versant opposé, on trouve une pente et des précipices dont la vue seule fait frémir."
(Ammien Marcellin)

Chaos géologique, crayon sur papier, 15 x 8 cm
"Le sabot rond et plat des chevaux ne convient plus à ces chemins âpres, escarpés et glissants. La roue des voitures ordinaires se briserait dans ces sentiers étroits, à tout moment déchirés par des pointes de rocs et rompus par les torrents. Il faut des chariots légers et solides qui puissent se démonter dans les passages difficiles, et les traverser avec vous sur les épaules des guides et des muletiers."
(Victor Hugo)
(sans titre), crayon sur papier, 12 x 13,5 cm
"Déjà je cherche à démêler sur les crêtes étincelantes des vieilles Alpes les traces que n'y ont pas laissées les deux grands envahisseurs de l'Italie. C'est qu'en effet il est difficile de ne point éprouver quelque profonde émotion lorsque, par une belle matinée d'août, on voit se dérouler devant soi cet immense amphithéâtre de montagnes toutes diverses de couleur, de forme, de hauteur et d'attitude, masses énormes, tour à tour éclatantes et sombres, vertes et blanches, distinctes et confuses, dont un large rayon du soleil, encore oblique, inonde chaque intervalle..."
(Victor Hugo)
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